IMPLICATION DES POPULATIONS DEFAVORISEES DE LA COMMUNE IV DE BAMAKO DANS LA GESTION DES DECHETS

I /- LE CONTEXTE  URBAIN ACTUEL

En République du Mali, la gestion des déchets était confiée aux structures étatiques dès l’accession du pays à l’indépendance. Ces dernières ont assez vite dépassées par l’ampleur du travail et durent entrouvrir le créneau de la gestion des déchets à la libre concurrence. L’instauration de la démocratie, le chômage croissant des jeunes diplômés, les carences du secteur public et l’avènement de la société civile entre autres sont à l’origine, à partir de 1991, de l’apparition de nouveaux acteurs dans le domaine de la protection et de l’aménagement de l’environnement urbain en général et celui de l’assainissement en particulier.

Ces nouveaux acteurs sont :
sumbul3a.gif (235 octets) Les GIE et coopératives : micro-entreprises de jeunes à but lucratif ;
sumbul3a.gif (235 octets) Les groupements civiques bénévoles (informels) : personnes âgées, femmes, jeunes ;
sumbul3a.gif (235 octets) Les groupements de jeunes et de femmes à caractère ponctuel et à but non lucratif ;
sumbul3a.gif (235 octets) Les comités de sages regroupés autour des sages du quartier ;
sumbul3a.gif (235 octets) Les O.N.G et organismes internationaux assurant l’appui technique et financier.

Les bureaux d’études s’occupant de l’information, la formation, le suivi / évaluation de certaines activités, l’exécution directe d’autres, nécessitant des compétences appropriées.

Avec l’implication de ces différents acteurs, la municipalité n’intervient désormais
que dans la collecte secondaire.

Les G.I.E. et Coopératives s’occupent du ramassage des ordures de porte en porte vers les dépôts de transit , la confection de puisards et de latrines dans les familles. Néanmoins, ces structures, insuffisamment préparées au plan technique, demeurent impuissantes face à la quantité de déchets produite annuellement, soit environ 2000 m3 en 1998 par jour pour la seule ville de Bamako (Prévisions pour 1998 tirée du schéma directeur- publié en 1994).

La ville de Bamako, capitale du Mali, est subdivisée en 6 communes regroupant 69 quartiers dont 19 sont à mi ou non lotis.
La mise en route de la politique de décentralisation a engendré dans le District de Bamako la coexistence de deux entités distinctes dont le Maire Central et ses deux adjoints et le Haut- commissaire placé sous l'autorité du Ministre de l'Administration Territoriale et de la Sécurité qui assurent l'administration du District. Chaque Commune est dirigée par un conseil
communal (élu au suffrage indirect) ayant à sa tête un Maire. Dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur la décentralisation administrative, les Communes s'auto-gèrent et bénéficient d'un statut juridique autonome.
En plus, de la délivrance des autorisations d’intervention aux micro - entreprises dans le domaine de la gestion des déchets, la Mairie devrait assurer un rôle d’orientation, d’information, d’éducation, de communication et de contrôle dans le domaine de la gestion des déchets.

Un des problèmes majeurs de la gestion des déchets à Bamako réside dans le manque de fiabilité des données sur la production et la composition des déchets. Selon le plan Directeur d’Assainissement de Bamako (TECSULT, plan directeur de Bamako, 1994 volume 1), la quantité de déchets solides produits dans le District de Bamako était estimée en 1993 à 540 565 m3/an et en 1998 à 743 650 m3/an. L'estimation de la production des boues de vidange était respectivement de 41 453 m3/an et de 56 522 m3/an.

Selon la même source, les différents systèmes de collecte ont permis de disposer de 216 000 m3 de déchets en 1992. Ce qui donne une collecte journalière moyenne de 750 m3/jour. En 1993, 242 000 m3 de déchets ont été collectés, soit une collecte journalière moyenne de
850 m3/ jour.

Les matières de vidange évacuées dans la rue et/ou dans les caniveaux dans le cas des vidanges manuelles et dans les champs, les marigots et les ravins dans le cas des vidanges par les camions spiros contribuent à la pollution de l'eau (eaux de surface et nappe phréatique).

Les déchets qui ne sont pas collectés alimentent les dépôts anarchiques. Selon la Direction des Services Urbains de Voirie et d’Assainissement (DSUVA), il existerait 31 (trente et un) dépôts de transit dans le District de Bamako. Les décharges finales (qui sont au nombre de 6) sont les anciennes carrières de latérites. En Commune, IV il existe quatre (4) dépôts de transit autorisés et non aménagés.

Il n’existe pas de site de valorisation officiel. Les transformateurs qui opèrent dans la commune se promènent entre les dépôts de transit ou finaux officiels et/ou anarchiques pour la production du terreau. La population n’a pas encore développé ‘le réflexe poubelle’ et elle a le sentiment que tout ce qui se fait dans la gestion des déchets est fait pour l’intérêt des micro-entreprises et des récupérateurs eux-mêmes. La séparation à la source concerne seulement certaines catégories de déchets comme les chaussures usées en PVC souple, Les bouteilles de parfum, les piles usées, les plastiques (bidons, pots …), les sacs de céréales, les bouteilles de boisson etc.

II /- GOULOTS D’ETRANGLEMENT

Les entraves à la salubrité durable de l’environnement urbain sont entre autres :
       
sumbul3a.gif (235 octets) Communication insuffisante auprès de la population ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Manque et / ou insuffisance d’implication de la population dans les actions d’assainissement ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Insuffisance des connaissances techniques et organisationnelles en matière d’assainissement ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Insuffisance de la qualité des services fournis par les structures engagées dans la collecte primaire (G.I.E. et Coopératives) ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Possibilités de recyclage sous-exploitées;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Absence d’infrastructures de traitement des eaux usées ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Absence de décharge finale aménagée pour les déchets solides ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Inexistence de banque de données et/ou la non-fiabilité des données disponibles ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Mauvaise coordination des actions d’assainissement au niveau local et leur non-durabilité;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Insuffisance de dépôt de transit dans les quartiers ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Irrégularité dans l’enlèvement des ordures au niveau des dépôts de transit ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Insuffisance d’intérêt pour les actions d’assainissement de la part des autorités municipales ;
       
sumbul3a.gif (235 octets) Inexistence d’une politique nationale cohérente dans le domaine de l’assainissement à l’échelle communale, régionale, nationale et enfin
       
sumbul3a.gif (235 octets) Insuffisance des financements accordés aux structures d’appui et aux acteurs opérationnels.