APPROCHE DU CABINET D’ETUDES KEITA - Kala Saba
METHODOLOGIE :
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L’épine dorsale de notre approche représente le projet pilote N°4 (PP4: pour une implication effective des populations défavorisées dans les actions d’assainissement) qui a une préférence affichée pour les méthodes participatives : |
1°)
Constitution d’une équipe de recherche
Une fois que la décision de
mobiliser la population est prise, nous avons commencé par la mise en place
une équipe de recherche composée de :
Un chercheur – gérant recruté
par WASTE / UWEP
Un chercheur – terrain nommé
par la coordination des groupements intervenant dans le domaine de
l’assainissement en commune IV
Deux représentants de la
coordination des groupements d’assainissement en commune IV
Quatre représentants de la
population, soit un par quartier. Ces représentants servent d’intermédiaires
entre le PP4 et les quartiers et sont nommés par la population à l’issue
d’une assemblée générale.
Toutes les structures
intervenant dans le domaine de l’assainissement, les services techniques,
les GIE (Groupements d’Intérêts Economiques), sont régulièrement associées
et/ou informées des actions de l’équipe de recherche.
2°) Formation
Après que l’équipe ait été
constituée, les membres qui la composent (dont les représentants de la
population) de même que les membres des structures s’occupant de la collecte
primaire, ont été initiés aux méthodes d’enquêtes participatives:
recherche/action, MARP afin de permettre aux populations d’apprendre à poser
leur propre diagnostic.
3°) Diagnostic du
milieu
Après la formation, l’équipe de recherche/action a posé le diagnostic
de tous les quartiers de la commune IV à travers les paramètres historiques,
socio-économiques et culturels à travers les différents outils – MARP.
Cette collecte des données a concerné les aspects suivants : historique
du quartier, activités économiques, infrastructures et mode de gestion des
ordures, gestion des déchets dans le quartier, les opportunités, hiérarchie
des problèmes et des besoins dans le domaine de l’assainissement ou de la
protection de l’environnement, problèmes spécifiques d’ordre
socioculturel…
Grâce à l’approche participative, les populations et leurs représentants ont appris à (re)découvrir leurs problèmes après une analyse approfondie de leur milieu, à hiérarchiser leurs besoins et surtout, à faire leur faisabilité.
Les résultats des diagnostics ont été restitués en plusieurs étapes d’abord par quartier (Assemblées Générales) et lors d’un atelier de synthèse au niveau Commune.
4°) Création
d’associations d’assainissement
Après le diagnostic de
quartier, les populations ont accepté la démarche du PP4, en l’occurrence,
leur implication effective dans les actions d’assainissement. Pour ce faire,
elles ont soumis, sur proposition de l’équipe de recherche – PP4, des
statuts et règlement intérieur pour formaliser, dans chaque quartier de la
commune IV, une association d’assainissement qui aura des démembrements à
toutes les échelles du quartier. Ces associations devront arrêter, avec la
population dans son ensemble, des normes et des sanctions de même que leur mode
d’application et le cadre de collaboration avec les structures
gouvernementales d’assainissement et les pouvoirs décentralisés.
Dans la stratégie élaborée
par le PP4, ces associations devront contribuer à :
Participer activement à la réduction
quantitative, la réutilisation et au recyclage des déchets (notamment le
compostage et l’utilisation du compost);
Développer des programmes d’actions (en vue de
micro-réalisations locales) par exemple: identifier et développer les
activités génératrices de revenus dans le domaine de l’assainissement, arrêter
et faire adopter des normes d’hygiène et des sanctions contre les
contrevenants, en assemblées générales, surveiller la salubrité des lieux
publics etc.
Mobiliser les ressources locales, chercher des
prestataires de services et des financements additionnels pour réaliser
les actions souhaitées;
Se doter de l’équipement nécessaire pour
l’organisation régulière de journées de salubrité ;
Avoir un cadre de concertation approprié sur les
problèmes d’assainissement ;
Servir d’interlocuteurs avisés pour les pouvoirs
publics et les autres intervenants dans le domaine de l’assainissement en les
incitant à s’acquitter correctement de leurs tâches;
S’impliquer dans toutes les actions
d’assainissement envisagées ou entreprises dans leur milieu d’appartenance.
Les associations et leurs partenaires techniques et financiers doivent être en mesure d’assurer les trois fonctions de base suivantes : assurer l’appui, organisationnel et la coordination des activités des acteurs.
5°) Appuis
technique et organisationnel aux acteurs de l’assainissement
Il est important qu’il existe
des relations de complémentarité entre les différents acteurs. C’est
pourquoi une fois les associations créées, elles doivent négocier et établir
des rapports de collaboration avec les divers intervenants, notamment ceux qui
s’occupent de la collecte des ordures ménagères, la Mairie et ses services
techniques et les opérateurs économiques dont les activités ont une
quelconque emprise sur l’environnement : SOTELMA, EDM, usines, ateliers
artisanaux, bars & restaurants, marchés, étalagistes, petits métiers
s’exerçant dans la rue etc. L’hygiène et la santé professionnelles
retiendront leur attention : l’impact des modes de production sur
l’environnement et la santé des travailleurs. C’est pourquoi les membres
dirigeants des associations, toutes présidées par les femmes avec la présidence
d’honneur des chefs de quartier, doivent être vraiment représentatives de la
population et bien connaître ses problèmes, aspirations et potentialités et
savoir bien communiquer avec elle ! Les associations apprennent à faire
des diagnostics rapprochés (par groupes de carrés/rues), à formuler avec les
habitants concernés des programmes d’actions qui sont intégrées au niveau
du secteur, du quartier et de la Commune éventuellement. Des codes de bonne
conduite seront établis en concertation étroite avec les services compétents
de la Mairie et les contrevenants sanctionnés selon les procédures arrêtées
par les représentant(e)s des populations.
Le principe du pollueur = payeur sera favorisé autant que possible
(voir aussi « DEMARCHE ISWM IDEALE »).
Une des raisons d ‘être des associations est d’augmenter la disponibilité de la population à payer correctement (selon un système de péréquation à convenir au cas par cas) les services d'assainissement et de gestion des déchets. L’émergence d’un nouveau savoir vivre plus compatible avec la salubrité durable de l’environnement urbain est à favoriser, au détriment des réflexes de la vie en milieu rural qui ont tendance à persister dans nos villes (élevage dans la rue, dépôts de déchets anarchiques alimentées par des familles aisées etc.), déversement des eaux usées dans la rue etc.
A terme, l’objectif est que les Conseils municipaux arrivent à prendre la relève des associations et à élaborer des programmes d’action et de développement d’une manière participative (que la population s’y reconnaisse et y adhère). A ce moment, les associations se contenteront de jouer la fonction de contrôle, de gratification et de sanction en tant qu’usagers des services d’assainissement.
6°) Coordination des activités
et circulation des informations
La démarche intégrée exige de
collaborer étroitement avec tous les acteurs institutionnels intervenant dans
les mêmes géographiques que le programme UWEP. Ces acteurs sont identifiés et
invités à collaborer dans le cadre d’actions précises. Si possible un cadre
de concertation et de coordination (CCC) des activités des différents
intervenants est mis en place. Les autorités publiques jouent un rôle de
premier plan dans la création et l’animation d’un tel cadre.
Les institutions présentes dans la cadre de concertation doivent veiller à ce que les besoins en information et en formation des acteurs et actrices sur le terrain soient repérés et satisfaits à temps, chacune apportant une/des contributions correspondant à sa mission.
Des structures « transversales » doivent être associées aux travaux du cade du CCC : les institutions de recherches, de communication (presses écrite, orale et audio-visuelle) et de financement (surtout les structures de microfinancement).
Volet collaboration et coordination des activités avec d’autres intervenants
Nous demeurons convaincus que l’efficacité de l’approche GIDD dépend beaucoup de la prise en considération des évolutions et dynamiques en cours dans d’autres secteurs du développement urbain. On peut insister ici entre autres sur :
La stratégie Nationale de Lutte
contre la Pauvreté
Le Programme Décennal pour le Développement
de la Santé et de l’Action Sociale (PRODESS);
La politique de la Direction
Nationale de l’Assainissement et notamment le Plan National
d’Actions
Environnementales (PNAE ) ;
Le Programme Décennal de l’Education
(PRODEC)
La Politique de la Décentralisation
Administrative et Territoriale.
Concrètement des rapports
de collaboration existent avec :
la Mairie et le
Conseil Municipal de la Commune IV et
la Direction
Nationale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions.
Des Institutions de la recherche scientifique,
technique et appliquée, notamment en matière d’agriculture et de santé en
milieu urbain et périurbain.
Le programme est accompagné par des spécialistes de l’IPR et l’IER en ce
qui concerne le compostage et l’agriculture urbaine et péri-urbaine.
Des contacts exploratoires sont établis avec l’INRSP dont
les représentants sont disponibles pour nous accompagner à la demande.
Des cadres de ces institutions connaissent bien notre approche ISWM, y adhèrent
et sont disponibles, à la demande, à renforcer nos équipes de travail avec
leurs expertises.
Structures de financement des micro-entreprises
Une collaboration est souhaitée pour assurer le financement durable des activités d’assainissement des micro-entreprises et même des municipalités. Mis à part quelques entretiens préliminaires, nous n’avons pas encore pris d’options pour une collaboration directe et régulière qui devra se concrétiser plus ou moins «spontanément» au cours de l’action sur le terrain. La collaboration se fait par l’entremise des micro-entreprises et des opérateurs en quête de prêts et qui nous approchent.
Structures d’information et de Communication (mass média)
La collaboration existe notamment avec l’ORTM (« Chaîne 2 », Télévision), Radio Kledu et certains journaux de la place. Nous rendons régulièrement compte de nos expériences à travers des publications dans ces espaces de communication oubien nous invitons les communicateurs intéressés à couvrir des évènements importants comme les ateliers de travail avec les populations etc.
PRINCIPES
Les principes majeurs du PP4
sont :
Décentralisation et Participation ;
Durabilité ;
Reproductibilité des méthodes d’intervention par les populations –
partenaires ;
Equité : tenir compte des conditions sociales des différents acteurs.
Les projets ci-dessus décrits sont en voie d’exécution avec l’appui financier de la Coopération néerlandaise (NEDA) à travers WASTE / UWEP. UWEP, le Programme d’Expertise des Déchets Urbains est un programme allant de 1995 à 2001 pour engendrer et diffuser des connaissances sur les méthodes de gestion intégrée et durable des déchets dans les villes du Sud.
Les recherches s’effectuent par le biais des activités entreprises dans les sites des projets pilotes en Afrique (Bamako – Mali), en Amérique Centrale (La Ceiba – Honduras) et en Asie (Bangalore en Inde et Batanga Bay aux Philippines).
Le CEK- Kala Saba est fortement impliqué dans leur exécution et dans différents domaines : appui-conseils, renforcement des capacités organisationnelles, formation continue, suivi / évaluation ¼
Cet apport est assuré aux différents
acteurs : Population, Municipalité, micro-entreprises, services
techniques, administration générale¼ Des enquêtes sont entrain d’être menées
dans
les autres communes de Bamako dans le sens de l’extension des activités
à d’autres communes.
Autres thèmes de recherches
l'extraction des matériaux contenus dans les piles usées ( par une micro-entreprise locale dirigée par M Oumar Nientao ) et les risques que cela représente pour l'environnement et la santé des travailleurs. En collaboration avec un consultant local, UWEP a initié un projet pilote concernant la fabrication d’un prototype d’étau et éjecteur de masse. C’est dans le but de remplacer le démantèlement manuel des piles usées.Recherches pour une valorisation économiquement soutenable des déchets plastiques avec comme objectif général d'informer largement les acteurs de la filière et le public africain en général ;
le recyclage des piles usées : une étude a déjà été réalisée à Bamako. Elle a décrit
Dr. Modibo KEITA
Représentant UWEP / Mali /Afrique de l’Ouest