RESUME SUR LA PROBLEMATIQUE DE LA PARTICIPATION DE LA FEMME ELUE, A LA PRISE DE DECISION AU SEIN DU CONSEIL COMMUNAL

 

Du 20 au 21 avril 2006, s’est tenue à Bougouni une rencontre qui à réuni les femmes conseillères et les femmes leaders des cercles de Bougouni, Yanfolila et Kolondièba autour de la Problématique de la participation de la femme élue à la prise de décision au sein des conseils communaux. La rencontre s’est déroulée au Conseil de Cercle de Bougouni. Le réseau Réussir la Décentralisation a pris part à la rencontre à travers sa secrétaire permanente : Mme Ariane Marie Diawara. Cet atelier de deux jours a été organisé par l’Association Muso Yiriwa (AMY) avec le concours financier de Helvetas-Mali.

 

La cérémonie d’ouverture a commencé par les mots de bienvenue de Mme la Présidente de l’Association Muso Yiriwa (AMY), Mme Samaké Fatoumata Dème, de Mme la Directrice de Helvetas Mali, de la Directrice régionale de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille de Sikasso, du Maire de Bougouni, du président du conseil de cercle de Bougouni et du préfet de Bougouni qui a ouvert la rencontre.

 

Après toutes ces cérémonies, le modérateur, en la personne de Mr Mady Niakaté consultant en décentralisation  à Sikasso, a demandé aux participantes leurs attentes. Plusieurs attentes furent formulées par celles-ci.

Des questions furent posées aux participantes pour savoir ce qu’est la Commune, comment fonctionne le Conseil Communal, la composition du bureau communal, quand est ce que les décisions sont prises ?

Quels sont les facteurs de blocage à la prise de décision des femmes ?

§            Les femmes sont minoritaires sur les listes,

§            L’analphabétisme des femmes,

§            Le manque de formation,

§            Le manque de cohésion.

 

Pour pallier  ces problèmes, les femmes doivent :

§            S’informer,

§            Avoir confiance en elles mêmes ce qui leur permet d’argumenter,

§            Participer aux différentes formations,

§            Faire des comptes rendus des délibérations du conseil communal. 

 

Dans l’après-midi, un plan d’action fut élaboré par les femmes. Ce plan recense les différentes activités à réaliser pour une pleine participation de la femme à la vie de la Commune.

Le deuxième jour fut consacré à des ateliers d’informations et d’échanges sur la pratique de l’excision et du VIH/SIDA. Les modérateurs étaient Docteur Lamine Traoré de Bamako et Docteur Sidiki Ouattara de Bougouni avec l’appui de Mme Maïga Sage-femme à Bougouni.

 

·               Prévalence et répartition

Selon les statistiques du Centre de Référence en collaboration avec le Programme de Lutte Contre la Pratique de l’excision, 91,6% de femmes en âge de procréer sont affectées. Plus de 90% de femmes sont excisées dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou.

   

·               Conséquences

Elles sont nombreuses : hémorragies, infections aiguës et chroniques y compris le VIH, dystocies obstétricales (difficulté d’accouchement) ; chéloïdes (tumeurs cicatricielles) ; dysménorrhées (douleur pendant les règles), hématocolpos (accumulation du sang menstruel dans l’organe de la femme).

·               Conséquences psychologiques et sociales

-          La peur des rapports sexuels.

-          Les douleurs pendant les rapports sexuels.

-          La frigidité pouvant conduire à des mésententes conjugales et le divorce.

-          L’exclusion sociale des femmes souffrant d’incontinence urinaire ou fécale suite aux fistules….

Le conférencier a procédé à une projection d’images et de film sur les conséquences de l’excision. Le tout a été réalisé au centre de santé de référence de Lafiabougou en Commune IV du district de Bamako.

C’est par exemple le cas d’une femme qui avait un gros ventre pendant 12 mois. La famille pensait qu’elle portait une grossesse. Mais comme elle n’accouchait pas, alors la famille a trouvé qu’elle avait «  le ventre obstrué ». Certains lui proposèrent qu’elle aille mentir à son époux  qu’elle a été infidèle et cela pour qu’elle puisse accoucher. La femme accepta et malgré tout elle n’a pas accouché. Elle est partie consulter les marabouts, sans aucune solution. Finalement, elle est partie se faire consulter chez le médecin. C’est lors de cette consultation que le médecin lui a fait savoir qu’elle ne portait pas une grossesse mais que le sang et le pus s’étaient emmagasiné dans le ventre. Elle a été  programmée et le Dr Moustaphe Touré lui a fait une ponction pour lui retirer deux litres de sang et elle retrouva la santé.

 

Sur le film nous avons vu l’intervention chirurgicale de deux femmes. La première, une femme infibulée en état de grossesse. Durant toute la grossesse la femme a suivi les visites médicales. Le médecin avait pris soin de l’informer qu’elle  pouvait accoucher normalement mais avec une intervention chirurgicale au niveau de l’organe. Des instructions fermes lui ont été données pour qu’elle vienne rapidement au centre de référence dès que le travail va commencer. Finalement la femme a subi cette intervention (pour réparer le sexe) afin de rendre possible l’accouchement.

La deuxième, une femme infibulée en état de grossesse qui n’a pas suivi les visites médicales. Elle  arrive au centre pour l’accouchement. L’équipe médicale lui fait subir une césarienne parce quelle ne pouvait pas accoucher normalement. Séance tenante elle a subi une autre intervention de l’organe pour lui permettre d’accoucher normalement pour les prochaines grossesses.  

Les femmes ont pu visionner plusieurs  cas, et beaucoup de témoignages ont été fait par les femmes sur les conséquences de l’excision

 

Problèmes de la femme non excisée

Si l’excision a des conséquences incalculables sur la santé de la femme, ne pas être excisée crée des problèmes à certaines femmes vivant dans des mariages polygamiques. Une des participantes fera un témoignage dans ce sens. C’est le cas d’une femme adulte non excisée qui n’arrivait plus à supporter les moqueries de sa co-épouse et de leur entourage. Finalement, elle décida de se faire excisée. Malheureusement, cette femme ne quittera même pas la salle d’opération. Elle décéda dès suite d’hémorragie.

Un  cas similaire s’est produit à Kati en 2005. Le Dr Lamine Traoré nous dit que c’est le cas d’une jeune fille de 23 ans. Elle décida d’aller sans informer ses parents se faire exciser. Après l’opération, elle  n’a pas voulu dire la vérité à sa mère, et malheureusement elle décéda  dès suite d’hémorragies.

Certaines participantes ont souhaité que les hommes soient sensibilisés afin qu’il garde le secret de la femme non excisée.

Recommandations

La rencontre a fait des propositions pour l’abandon de la pratique de l’excision

·               Multiplier les séances de projection de film sur la pratique de l’excision,

·               Valoriser les filles non excisées,

·               Organiser des séances de sensibilisation auprès des communautés,

·               Sensibiliser les hommes puisque dans certaines brousses, ce sont les hommes qui

·               décident de l’excision des filles.

Par rapport au VIH / SIDA, le thème a été abordé par Mme Maïga sage-femme au centre de santé de Bougouni.

 

Modes de transmission

Le SIDA se transmet par trois manières :

·               Voie sexuelle

·               Transfusion sanguine (contamination par le sang)

·               Transmission mère – enfant.

Présentement des tests se font pendant la grossesse. Si la femme est séropositive, elle doit prendre un médicament dès que le travail commence. Cela peut épargner l’enfant. Après l’accouchement, la femme doit continuer le traitement pendant six semaines. La sage- femme nous a fait savoir que très souvent, les femmes ne reviennent plus en consultation.

La fidélité dans le mariage, l’abstinence sexuelle avant le mariage sont des moyens de lutte contre le sida

Recommandations générales des participantes

Pour terminer, les participantes ont fait des suggestions et recommandations pour les prochaines rencontres.

·               Etendre la formation  à plus de deux jours,

·               Tenir  les formations après les élections pour que les conseillères puissent connaître

·               leurs rôles dans la vie de la commune.

·               Elargir le thème sur l’excision,

·               Renforcer ces ateliers de formations,

·               Réaliser des émissions radiophoniques.

 

Pour la clôture, Mme Samaké Fatoumata Dème de l’Association Muso Yiriwa a remercié les participantes pour leur contribution de qualité et pour avoir accepté de faire le déplacement. Quand à Mme Traoré Djélika Cissé Directrice Régionale de la Promotion de la Femme, de l’enfant et de la Famille, elle a souhaité que cette rencontre fasse tâche d’huile pour la promotion de la femme. Enfin le représentant du conseil de cercle a clôturé le forum en souhaitant bon retour aux participantes dans leur famille.

 

 

Mme Ariane Marie Diawara

Secrétaire permanente RLD/Mali